dimanche 30 juin 2013

Trouver mari dans la capitale de France : est-ce possible ?

Lors de ma dernière sortie maraisienne, un chaud soir d’été, j’ai croisé une connaissance que j’avais fréquentée pendant une petite période. A l’époque où on s’était connus, il traversait une période de crise avec son copain (crise de la septième année, plus de sexe, différence de parcours) et il tenait des propos à la limite du suicidaire. Et trois mois après, le revoilà, tout beau  tout souriant, avec un beau polo Lacoste rose bonbon et, détail non négligeable, un tout nouveau boyfriend accroché à son bras. De loin je lui ai fait un signe de la tête et son expression, d’abord curieuse (style « qui est ce gars ? ») est devenue presque sombre. Ais-je lui rappelé les mauvais vieux temps ? Etais-je le signet coincé dans les pages sombres d’un passé récent qu’il voulait oublier ? Evidemment mes questions étaient destinées à rester sans réponse…
S’il y a une chose que j’ai apprise en fréquentant de ras ce milieu, c’est que le passé ne compte pas ou presque : seulement les gays parisiens ont la capacité de mélanger les cartes à une vitesse supérieure à la barrière du son et à changer de jeu dès que ça commence à sentir le souffre.
« Eh ben, mon petit Jean, t’as bien rebondi » j’ai pensé…. Après 11 ans de relation il t’a suffit  de 3 mois de rupture pour retrouver quelqu’un d’autre, alors que moi je navigue dans le célibat depuis des années. Qu’est ce qui me manque pour être éligible ? Qu’est ce qui VOUS manque à vous, célibataires souffrants, pour devenir le valet de cœur dans cette partie de belote à laquelle nous ne gagnons point ? Après avoir passé une nuit blanche à rejouer dans ma tête  le best of de mes relations et à analyser tous les textos des différents gus qui ont croisé ma route, j’en ai conclu que le problème vient uniquement du fait que je suis un peu trop moi-même. Et « être trop soi-même » dans un monde où apparaitre compte plus qu’être n’est pas stratégiquement payant. Triste ? Ah que oui ! Vrai ? bien sur !
Et je parie que c’est votre problème aussi ! Voici, donc, un petit guide de survie pour trouver, plus ou moins  rapidement, un compagnon de route à Paris.


A chaque fois qu’il sort en discothèque, Régis fait tapisserie…


  1. Toujours être en position de force. Ou faire mine de (ce qui parfois revient à la même chose). La faiblesse ou le « trop de sensibilité » ne sont pas trop appréciées dans les quartiers de l’intelligentsia rose parisienne. Le cynisme la remporte toujours sur la sensibilité. Il faut toujours avoir le poids le plus lourd dans la balance des pouvoirs. Malheureusement c’est la règle la plus importante de cette bible. Cas pratique : lorsqu’on drague, il est fondamentale de toujours avoir une mine ennuyée et suffisante. Quand vous repérez quelqu’un qui vous plaît, vous devez le mater pendant 3 secondes exactes. Les maths sont simples : - de 3 sec = il pensera que je ne suis pas intéressé.   + de 3 sec =  il est en position de force, donc c’est comme si je lui avais donné la possibilité de mener le jeu. Et dans ce cas là, c’est foutu. Au mieux, ce sera une partie de jambes en l’air sans lendemain.


L’agent 007 est toujours en position de force. Et il baise beaucoup…




    • Avoir une apparence qui n’embarrasse pas ses amis. Eh oui, on suppose que notre objet du désir ait des amis… et la plupart des fois, le gay parisien choisit des amis à son image. Ça se remarque lorsqu’il se déplace à droite et à gauche dans le Marais, toujours en meute et toujours habillé avec des vêtements (préférablement des grandes marques) qui mettent en valeur ses atouts physiques.  Pour qu’il s’intéresse  à vous, il faudrait que vous soyez aussi physiquement avantagé que lui, voir plus. Si vous avez des rondeurs ça commence déjà très mal, au moins que vous n’ayez des attributs cachés (et je ne parle pas forcément d’une personnalité brillante) et qu’il soit tout seul. Si c’est le cas, préparez vous a vivre une relation clandestine, faite de subterfuges et d’excuses afin que vous ne croisez pas son monde.


      Saturnin Clignapouf a toujours eu du mal à rencontrer… Et pas seulement à cause de son prénom …





        • Etre parisien de préférence. Par cela je ne veux pas seulement dire vivre à Paris. Certes est que si vos demeures sont toutes les deux dans la même rive de la Seine, ça aide. Mais je parle de l’attitude : l’être conscient qu’on habite dans la capitale, qu’on est en quelques sortes des privilégiés, est un trait qui semble attirer. Tout doit être facilement joignable (de préférence le Marais et le BHV Homme) en tongs, surtout dès qu’il y a un petit rayon de soleil.



          Malgré son apparence de « nerd », Cletus est convaincu qu’un jour, lorsqu’il habitera le XIème arrondissement, tout le Marais sera a ses pieds.



            • Compromis extrêmes. Une autre métaphore mathématique exprime parfaitement le concept de compromis au sein d’un couple gay : « il faut être trois (ou plus) pour rester deux ». Oui, la variable est toujours dans l’élément « plus de deux »… eh, nature de l’homme, quand tu nous tiens ! La fidélité est une valeur qui est dépassée, l’appétit sexuel est toujours plus fort que la chaleur du cœur. Peur du temps qui passe ? Peur de voir sa jeunesse disparaître peu à peu ? Ou tout simplement si la vérité résidait dans l’idée générale que la psychologie de l’être humain (homo et homme si on veut être vraiment précis) n’est pas adaptée au concept qui veut que celui-ci soit lié à une seul être pour le restant de sa vie ? C’est d’ailleurs bien connu que le désir sexuel a systématiquement une date d’expiration, comme le yaourt. Alors, autant changer de parfum… aujourd’hui fraise, demain framboise et la semaine prochaine pomme… de plus, tout ces gouts se marient bien avec la banane…
               Ok, celle-ci était trop facile…

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