Petit chronique sur comment un samedi plutôt agréable s'est transformé en promenade au cimetière de mon coeur.
Je ne sais pas pour vous, mais pour moi le samedi n'est pas un jour à cinq étoiles. Il y a la grasse matinée, certes, mais après c'est courses, lessives, ménage, magasins pleins, de la foule partout...etc... Pas si fun que ça, finalement.
Lundi dernier, j'ai reçu un coup de fil de mon pote Vlad, qui m'a proposé de passer le samedi après midi suivant en sa compagnie. Puisque cela faisait plutôt longtemps qu'on ne s'était pas vus et que la perspective d'un samedi après midi de détente et farniente était plutôt alléchante, j'ai accepté cette gentille invitation.
Les retrouvailles furent sympas; après avoir raconté nos misères devant un coca, nous avons décidé de faire un tour à la Fnac du Forum des Halles. On était sur le point de partir quand je tombe nez à nez avec Stéphane, un ex à moi. On se dit bonjour, je lui présente V, lui me présente Stéphane2, son nouveau petit copain. Nous avons eu une conversation très courtoise, agréable et amicale. Trois minutes après, on se disait au revoir et moi je commençait à sentir comme une balle de bowling au cœur.
Stéphane., un très beau et gentil garçon, et moi nous nous sommes fréquentés il y a un an. D'entrée de jeu, la relation n'était pas facile, car nos deux caractères, complètement différents, nous empêchaient de communiquer de façon saine et transparente. Et à la fin, c'était moi qui l'a quitté et de façon très discutable: puisque je savais que c'était un garçon très sensible, que je ne voulais pas qu'il souffre et que je n'aurais jamais trouvé les mots pour lui expliquer pourquoi je voulais qu'on se sépare, j'avais fini par prendre une des pires décisions de ma vie: le faire par écrit. Inutile de dire que, justement, il avait très mal pris cette façon de faire. Seulement que, comme tout le monde sait, le Karma est une grosse pute et qu'une fois que les dégâts sont faits il y a souvent des effets collatéraux inattendus. Outre au regret (toujours existant) d'avoir agi lâchement vis à vis de quelqu'un qui ne m'a jamais fait du mal, j'ai compris que j'aimais vraiment Stéphane. Et comme tous les êtres humains, j'ai compris la valeur de ce sentiment une fois qu'il n'était plus là. Bien sur, il a fallu du temps pour qu'on se reparle encore. Toutefois, il y a toujours des choses que j'aurais souhaité
lui dire, mais les temps n'ont jamais été trop justes. Et bien sur, impossible de rester amis... surtout maintenant qu'il y a Stéphane2...
Lorsque Vlad et moi nous quittons la Fnac, j’ai toujours une question dans la tête: pourquoi continuons nous à reproduire sur les autres des comportements qui nous ont fait souffrir à notre tour? Je déteste ce sentiment de misère spirituelle... mais au même temps je me dis qu'un jour ça finirait. Karma oblige.
![]() |
| une promenade tranquille dans le Marais. Si si! |
Même pas cinq minutes après, en passant devant une terrasse, mon regard se pose sur Johann, un autre ex. Mais là, c'est toute une autre histoire. J'ai connu Johann il y a six mois. Je prenais un verre avec un pote dans un bar quand un beau jeune homme se met à côté de moi et me fait un grand sourire. Je fais un sourire a à mon tour et cinq minutes après nous étions déjà en train d'échanger les numéros de téléphone. Ce qui était bien de Johann c'étaient sa gentillesse et sa façon naturelle de parler de sa vie. Il était tellement à l'aise que moi je me sentais à l'aise aussi. Et surtout lui, qui avait une super belle tête et un très beau corps, n'arrêtait pas de me dire combien j'étais beau. Eh oui, messieurs, il n'y a rien de plus redoutable que la flatterie lorsqu'il s'agit de conquérir un homme. Ça marche à tous les coups. On avait commencé à nous voir régulièrement pendant une période et un jour il avait disparu, soudainment. On avait programmé de nous voir et le soir en question, après l’avoir relancé, il m’avait dit avoir chopé une gastro. Pour ne pas le déranger, je lui avais dit de me recontacter dès qu'il se sentirait mieux ; depuis, plus aucune nouvelle. Ah, exception faite d'un SMS (qui m'a été tout de même envoyé après un SMS de ma part lui demandant comment il allait) où il me répondit : "Salut, je vais bien. bises". Ok...... connard. En effet, assis à cette terrasse il a l'air bien en forme; il rigole avec un pote qu'il continue à tripoter.
![]() |
| Fièvre parisienne = ébola |
Je commence à me dire : chère force cosmique qui tout gouverne et qui tout voit, j’aimerais bien le savoir si le fait de revoir ces gens aujourd’hui a un sens…Bon, si cela devrait devenir plus clair après ma mort, je pourrais attendre, j’imagine…
Finalement je m'aperçois que le samedi est toujours un jour de merde, surtout dans cet arrondissement. J'ai très envie de rentrer et je prend congé de V. Je rentre dans le métro quand, PAF, je tombe nez a nez avec l' énième ex. Cette fois c'est le tour de Marc, un très beau quadra rencontré sur internet au mois de mars dernier. Charmant, bien dans sa tête et équilibré, il me propose notre premier rendez vous au cinéma. Nous sommes allés voir "Precious", un film indépendant sympathique et pendant la vision du film il me touchait avec son genou, il me prenait la main... prometteur, je me dis. Après il m'invite boire un café chez lui et on passe deux heures à discuter et à faire l'amour. On programme un deuxième rendez-vous, on se refait un deuxième film au ciné (« Shutter Island ») et on retourne dans son appart à discuter (5 minutes) et à faire l’amour (1h47 minutes). Pendant qu’on se fait de câlins au lit, il me pose la question : « Tu restes dormir chez moi ce soir ? » . Je suis flatté par la proposition, mais je n’ai rien sur moi pour passer la nuit… qui plus est (et j’ai l’honnêteté de lui expliquer) dormir chez quelqu’un est un acte important pour moi… ais-je vraiment envie qu’il me voit le matin au réveil, quand je ressemble à un rescapé d’un accident d’avion ? Il me regarde intensément, il me fait un doux sourire et il me dit qu’il comprend, et que d’après lui je vaux la peine d’attendre. La semaine se passe sans aucune news, sauf une réponse à un texto plutôt générique que je lui ai envoyé… Quelques jours après, je refais une autre tentative :
MOI : « Salut Marc, ça va ? Plus de news ?! Bon, j’espère que tu vas bien et que tu passes un bon week end »
MARC : « Salut marco. C vrai, plus de news. Mais j’ai un petit copain maintenant. J’espère que tu finiras par rencontrer quelqu’un de bien »
Ben, j’avoue que si on m’avait donné un coup de poing à la figure ça m’aurait fait moins mal. Alors, celle-ci je ne l’avais pas vu arriver… D’abord je me suis senti le cœur en miettes, et après une rage aveugle m’a pris…
MOI : « Ah… du coup je dois avoir l’air très con. Je sais que maintenant que je n’étais qu’un plan q, mais je croyais vraiment qu’il y avait quelque chose de plus entre nous… au pire, qu’il y avait les bases pour une belle amitié… Mais bon, je suis fini à la poubelle. Ça me rend vraiment très triste de savoir que je n’étais éligible pour aucune autre option que celle-ci. »
MARC : « Tu ne finis pas à la poubelle, mais que veux tu… Je t’avais proposé de dormir à la maison, car je voulais commencer une relation, mais non. Tu ne voulais pas. Et moi je voulais quelque chose de simple. Donc, quand j’ai rencontré ce garçon qui voulait s’investir dans une relation, j’ai dit oui. Désolé que tu réagisses comme ça. J’espère que tu finiras par trouver un mec bien ».
MOI : « Prendre les gens pour des cons c’est insultant. Je n’ai rien d’autre à rajouter ».
Je croise son regard furtivement à l’entrée du métro et il fait mine de pas me voir. Moi je continue pour ma route en souhaitant d’être chez moi dans la minute qui suit. Mais il y a pas mal d’arrêts qui me séparent de mon appartement. Et je sais que cet après midi restera dans ma tête pour un bon moment…
Je n'arrive pas à penser lucidement, il y a quelque chose qui m'échappe dans tout cela... Dans le cimetière de mes ex, j'ai pu relever plusieurs types de mec: il y a le garçon qui blesse, malgré ses bonnes intentions, suivi par le truduc qui est un peu plus mono-dimensionnel et qui est... ban, juste un truduc de base et sans intérêt et après il y le manipulateur qui a deux visages bien distingués et qui fait le plus de dégâts.
![]() |
| Gaffe aux amoureux: un appel manqué est parfois comme un coup de poing venant de Ken Shîro de Okuto: vous êtes déjà morts et vous ne le savez pas encore |
Je me demande si tous, au moins une fois dans la vie, on a été des deux côtés... car potentiellement nous pouvons tous être victime aujourd'hui et bourreau demain et vice versa pour un cycle qui ne connaît pas de fin. Es-ce un manque de perspective? Nous ne savons pas ce que nos actions déclenchent ... à partir d'un certain point on prend les distances et nous ne pouvons pas voir toutes les conséquences... c'est un peu comme quand on jette un caillou dans un lac... on voit des vagues qui se forment sur la surface et après on ne voit plus rien, on ne peut pas toujours savoir ce qui se passe après. Sans doute c'est qui sauve la plupart d'entre nous.



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire