lundi 8 juillet 2013

Tragic birthday to you

Première Partie

S'il y a une chose que j'essaye d'éviter comme les crêpes au Nutella en temps de régime, c'est les anniversaires au féminin. Non, mesdames, ce n'est pas une position misogyne fine à elle même, c'est juste la volonté de se soustraire à des situations compliquées qui surgissent à chaque fois que je participe à ce type de célébration chez des copines.
Qui pense que certains événements sont purement dictés par les lois du hasard, à mon avis se met le doigt dans l’œil. Y-a-t-il un vrai hasard dans la vie ? En ce qui me concerne, je penche plutôt pour la bonne, vieille et rassurante théorie du kaos…  Arrêtez de froncer les sourcils, le kaos est plus fun.
Pour revenir à nos moutons, les anniv des copines et des copines des copains se sont récemment révélés des environnement idéaux pour la mise en scène de tragédies.



Tu veux une coupe de champagne? Ah, aux faites, tu ne sortiras pas vivant d'ici. Enjoy!! 


Hiver 2008, Anniversaire de Jennifer – Place de la Bastille – Paris.

Je regarde nerveusement ma montre. Nous sommes passés d’un retard élégant à un retard inutile.
« Alors, t’as fini ?? » je dis, en m’adressant à Giuseppe.
« Encore un instant, j’ai n’ai toujours pas fini de me mettre du blanc sous les yeux !! » il me dit d’une voix sèche. Il est en train de trafiquer devant le miroir de ma salle de bain.
« Depuis quand ressens-tu ce besoin de te maquiller, dis-donc ?! »
« Ben, tu ne connais pas les copains de Jennifer ! Ils ont tous entre 20 et 25 ans, c’est des vipères et ils sont tous très maquillés… pourquoi pas moi donc ? »
« Parce que t’as 45 ans peut-être ? »
« Et donc rien à foutre ». dit-il d’un air qui veut dire « la ferme ».

Jennifer est une copine d'une beauté époustouflante qu’on a connue il y a quelques années à Disney, à une époque où on était plus jeunes, plus heureux et plus inconscients. On sortait pratiquement tous les soirs (lire trajet Marne-La-Vallée à Paris) pour rentrer le lendemain matin complètement saoules, crevés et prêts pour une nouvelle journée de travail. Après le départ de Giuseppe et Jennifer de Disney, ça a été plus difficile de répéter ce genre de soirée. Jennifer s'était transférée à Paris où elle s'était constituée une court de jeunes hommes 10 ans plus jeunes qu'elle, tous beaux, tous plus ou moins aisés et tous gay.
Cet année là, Jennifer, n'étant pas allée fêter son anniversaire de l'autre coin du monde, avait décidé de faire une fête chez elle, dans son appartement à Place de la Bastille.

On arrive devant le bâtiment de Jennifer, on compose un premier code, on traverse une petite court et on recompose un deuxième code. Et après 5 étages à pied. Déjà du rez-de-chaussée nous entendons les hurlements déchainés des jeunes paons qui dansent dans l'appart de Jennifer. Nous arrivons au moment où la fête est déjà bien déchaînée. La porte de l'appart n'est même pas fermée.
"Giutzeppeee!! Marrrcoo!!! je suis troooop contente que vous soyez arrivés!!!!!" nous accueille Jennifer, presque nue. C'est vrai qu'un rien l'habille, mais là elle ne porte presque rien.
A l'entrée nous voyons au moins une vingtaine de gens qui mangent, boivent, dansent, rient à haute voix et la musique (Prodigy) est à un volume incroyablement haut. "Venez, je vous présente Marta, une de mes meilleures copines" Jennifer nous dit en nous traînant par la main. "Marta, voici mes amis Giutzeeeppe et Marrco"
"Holaaa" nous crie Marta en nous serrant.
"Un autre âme tranquille" me dit Giuseppe à l'oreille. "Yé voush presssente mon mecc" Marta nous dit. Elle prend par la main un garçon qui nous donnait les épaules. "Willy, ye te pressente Giuseppe y Marrco".
Et là nous avons une vision. Directement de la plus belle couverture de Vogue Homme, le mec le plus sexy de la planète nous donne la main. Moi je reste la bouche bée et Giuseppe me regarde tout aussi ébloui par cette vision céléstiale. Jennifer capte nos regards et rigole: "Eh je sais les garçons, mais il est fou amoureux de Marta!!" et repart en rigolant avec sa bouteille de bière. Moi et Giuseppe nous restons quelques secondes en silence et après je me jette dans la conversation: "ça fait longtemps que vous êtes ensemble" je demande.
"ça fait deus anss" Marta me répond.
"A tous les coups il a une petite bite" me dit soudain Giuseppe à l'oreille en regardant Willy.
"Oh ye t'assure que non!!! vilaiin, hahahhahhah" répond Marta complètement bourrée, mais n'ayant pas perdu une seule miette de ses facultés auditives.


Copie en laid de Willy, le mec hétéro qui a fait fondre les coeurs de tous...


Portrait presque precis de Marta, la copine de Willy.



Trois garçons s'approchent de nous. Auraient-ils eu des cheveux droit et verticaux on aurait pu penser aux Tokyo Hotel. Mais non, il n'y a qu’un lourd maquillage très prononcé sur toute la figure.
Giuseppe me regarde et me dit: "Je te présente les trois "ANS". Gaétan, Jonatan et Sylvain" me dit en forçant sur les nasales. Les trois garçons, grands et hyperminces me donnent la main avec une grâce à faire pâlir une danseuse d'étoile. Dans ma simplicité je me sens étrangement exotique.
Ils ont l'air distant, comme s'ils sentent de ne pas appartenir à ce monde. Probablement c'est le cas.


Sosies de Jonatan et Gaétan. Une vie vouée à la lutte contre les doubles pointes et à diffusion de la parole de Séphora.


Une main se pose sur mon épaule: "Il m'a semblé te reconnaître, italien de Disney!"
Je me tourne et je vois le visage magnifique et sexy  de Guillaume, ce magnifique grand beau brun, lui aussi d'une beauté parfaite, presque irréelle. On s'était connus un an auparavant à une autre fête, on avait bien sympathisé mais comme il habitait à Genève c'était pas facile de se croiser à Paris.
On se parle un petit peu, après, on s'éloigne. Lui aussi il a repéré  Willy, le fiancé de Marta. Et comme Guillaume est un peu loin du prototype des gays "too much" de cette fête, je suis sur que Willy ne sera pas réfractaire à un dialogue avec lui.

Plus le temps passe et plus la fête semble dégénérer. L'alcool coule par rivières et les gens commencent à faire n'importe quoi; comme d'habitude c'est Giuseppe qui donne le mauvais exemple. Il commence à sautiller à droite et a gauche, a faire du bruit partout et les jeunes dindes de la fête semblent être transportées par ce tourbillon de folie. Quelques minutes après je vois un bon groupe de gens (Giuseppe toujours en tête) devant les fenêtres qui donnent sur la boulevard. Je ne crois pas à mes yeux: ils sont en train de balancer des morceaux de gâteau au chocolat sur les passants. Je me précipite à la fenêtre et je prend Giuseppe par un bras.
"Mais t'es complètement fou?? Tu veux mettre Jenn dans la merde??" je lui hurle à la figure.
"Ben, qu'est ce qui t'arrive? Ton bellâtre t'a lâché?" il me dit en me regardant droit dans les yeux.
"ça n'a rien à voir, mais balancer des trucs par la fenêtre c'est nul et dangereux" je dit patiemment. Il est complètement saoul.
"pfff, on s'amuse" il me dit "je vais chercher quelque chose à manger" il me dit en allant en direction de la cuisine.
"Youpiiiehhh!!! J'ai presque eu la blonde au manteau blanc... elle a hurlé comme une poule" crie Jonatan d'à côté de la fenêtre. "ah, tiens, passe moi ce goblet" il dit à Gaétan, à côté de lui.


Méfiez-vous de son aspect innocent: en réalité c'est une source à problèmes, et pas que pour la ligne!


Deux minutes après trois mecs costauds font irruption dans l'appartement de Jennifer.
Giuseppe qui se trouvait entre la cuisine et les fenêtre (et qui accessoirement est très attiré par les mecs méga costauds) se dirige vers le premier mec telle un moustique devant un néon électrocuter.
"Et toi t'es qui? " il lui demande en le fixant dans les yeux.
A quelque mètre de distance je vois le bras du mec se soulever et planter une baffe sonore sur la joue de Giuseppe. Je vois mon ami retracter de quelques centimètres et s'assoir silencieusement sur une chaise, la main à la joue frappée. Quelqu'un a coupé la musique.
"C'est qui qui balance de la merde de la fenêtre?" demande le mec qui a frappé Giuseppe.
Un garçon qui n'avait rien à voir avec les actes du groupe des "ANS" et de Giuseppe essaye de parler
"Nous vous demandons pardon, mais on a un peu bu et..." SCHLAK! Une baffe part sur le visage du pauvre mec. Avec la queue de l'oeil je vois de gens qui filent en pointe des pieds se renfermer dans les toilettes.
"C'est toi, n'est pas?" dit le grand mec en fixant Jonatan à côté de la fenêtre,  avec mépris. "Allez, jette moi quelque chose, là" lui dit, avec un air de défi. Il fait deux pas lents en direction de Jonatan, qui ne sait plus où regarder.
"Je ne voulais pas..." il commence à dire et sans qu'il puisse finir sa phrase le mec lui donne un gifle monumentale à la figure.
"Je t'emmerde" lui dit le mec, tout doucement. "A qui c'est cet appartement?" il demande à voix haute.
Jennifer se fait avant, l'air pas trop impressionné.
"L'appartement est à moi et vous êtes priés de sortir" elle dit en s'avançant doucement vers le mec.
Le mec a l'air un peu perdu; peut-être qu'il ne s'attendait pas à ce que le proprio soit une femme. Et une femme qui n'a pas peur de  lui. Il esquisse un sourire de travers.
"Peut être qu'on n'en a encore pas fini ici" il dit en la fixant.
"Comme vous voulez. Tandis que vous entreteniez mes invités j'ai passé un appel juste en face, au Barrio Latino. Deux gardes de la sécurité qui sont des amis proches sont en train d'arriver. Nous verrons si tu arrives à leur placer des baffes à la figure comme tu sais si bien faire avec des gens plus petites que toi". Dit Jennifer en le regardant fixe dans les yeux. Pendant quelques secondes les deux ne se quittent pas des yeux. L'ami derrière le costaud, qui est resté immobile tout le temps touche l'épaule de son pote : "Allez, on pars" lui dit.
"Ouais, on va partir" il dit, sans quitter Jennifer des yeux. Il fait demi tour et il suit son ami dans le couloir. Quelqu'un se précipite à fermer la porte à clé.  La porte de la salle de bain s'ouvre et 4 mecs sortent.
Quelques minutes après la musique repart.  Comme par hasard, l'atmosphère est beaucoup plus calme .


Jennifer, une hôtesse pas comme les autres


Je vais voir si Giuseppe va bien. Il a la moitié droite du visage bien écarlate.
"ça va" il me dit. "trop sex ce mec" il rajoute calmement.
Je ne suis pas surpris.
"T'es un cas à étudier, toi" je lui dit en le tapotant sur l'épaule. "On s'en va?"
"Oui, il vaut mieux" il me dit.
On veut dire au revoir à Jennifer, mais elle est occupée à rouler des pelles à un mec qu'on a pas vu en arrivant.
Giuseppe, avec beaucoup de grâce hurle "JENNIFER nous on s'en va!"
Jennifer plante le mec sur place et nous rejoint. "Merci d'être venus les gars!! "
"Merci à toi de nous avoir invités" je dis à Jenn.
Giuseppe ne dit rien."ça va aller?" Jennifer demande à Giuseppe.
"Pff, si tu savais, ça c'est n'est rien! Dans ma vie j'ai fait et subi pire que ça" il dit "la seule chose c'est que maintenant j'ai trop envie de coucher avec ce mec là"
Jennifer le regarde sans trop comprendre. "Mouais, bonne nuit Giuseppe." lui dit en l'embrassant.
"Raccompagne-le, il vaut mieux" Jennifer me dit. On s'embrasse et on s'en va.

Dans la rue il fait froid. Giuseppe me semble moins calme, il redevient presque euphorique. "C'était fort, tout de même non? L'année prochaine on reviendra avec une boîte de brownies!"



Fin de la première partie

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